Laboratoire d’astronomie · Mécanique orbitale

Pourquoi les planètes ne se déplacent-elles pas à vitesse constante ?

Une planète ne tourne pas simplement autour du Soleil à une vitesse fixe. Son orbite est une ellipse, sa distance au Soleil varie, et sa vitesse orbitale également. Johannes Kepler a découvert la relation mathématique qui décrit ce mouvement il y a plus de quatre siècles.

L’idée essentielle : une planète se déplace le plus vite lorsqu’elle est au plus près du Soleil, et le plus lentement lorsqu’elle en est le plus éloignée. Les lois de Kepler décrivent ce mouvement ; la loi de la gravitation de Newton a ensuite expliqué pourquoi.
Des cercles aux ellipses

Trois astronomes ont changé notre vision du mouvement planétaire

Copernic a placé les planètes en orbite autour du Soleil. Tycho Brahe a ensuite accumulé des observations exceptionnellement précises de leurs positions. Johannes Kepler a utilisé ces observations — notamment celles de Mars — pour découvrir que les orbites planétaires ne sont pas des cercles parfaits.

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Copernic

Le modèle héliocentrique place la Terre et les autres planètes en mouvement autour du Soleil.

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Les deux premières lois de Kepler

Dans Astronomia Nova, Kepler décrit les orbites elliptiques et la loi des aires égales.

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La troisième loi de Kepler

Kepler révèle la relation mathématique entre la période orbitale et la taille de l’orbite.

Les trois lois de Kepler

Les règles qui régissent les orbites planétaires

1

Les orbites sont des ellipses

Chaque planète suit une orbite elliptique avec le Soleil situé à l’un des foyers — et non au centre de l’ellipse.

2

Des aires égales en des temps égaux

Une ligne reliant le Soleil à la planète balaie des aires égales pendant des intervalles de temps égaux. La planète se déplace donc plus vite près du périhélie et plus lentement près de l’aphélie.

3

P² est proportionnel à a³

Plus une planète est éloignée du Soleil, plus elle met de temps à effectuer une orbite complète, selon une relation mathématique précise.

Dansteractive experiment

Observez la deuxième loi de Kepler en action

Déplacez la planète le long d’une orbite elliptique exagérée. L’orbite est volontairement plus excentrique que celle de la Terre afin de rendre la variation de vitesse facile à observer.

Déplacez-vous sur l’orbite

Position Périhélie
Vitesse relative La plus rapide

Le Soleil se trouve à l’un des foyers de l’ellipse. Lorsque la planète est proche du Soleil, elle doit parcourir une plus grande longueur d’orbite en un temps donné afin de balayer la même aire.

La troisième loi de Kepler

Déduire la distance à partir de la période orbitale

Pour les planètes en orbite autour du Soleil, si la période orbitale P est mesurée en années terrestres et le demi-grand axe a en unités astronomiques, la troisième loi de Kepler prend une forme particulièrement simple.

P² = a³
P = période orbitale en années · a = demi-grand axe en UA

Cela signifie que l’on peut estimer la taille de l’orbite d’une planète à partir de sa seule période :

a = ∛(P²)
Exemple · Jupiter

À quelle distance du Soleil se trouve Jupiter ?

Jupiter met environ 11,86 années terrestres pour effectuer une orbite complète. La troisième loi de Kepler donne donc :

a = ∛(11.86²) ≈ 5.20 AU
11,86 ans
Période orbitale

Une année jovienne.

≈5,20 UA
Demi-grand axe

Environ 5,2 fois l’échelle orbitale de la Terre.

≈778 millions de km
Échelle orbitale moyenne

Environ le demi-grand axe Soleil–Jupiter exprimé en kilomètres.

Essayez vous-même

Convertissez une période orbitale en distance

Entrez une période orbitale en jours terrestres. Le calculateur convertit la période en années et applique la troisième loi de Kepler.

Période orbitale 0,615 an
Compared with Terre 0,62×
Demi-grand axe 0,723 UA · ≈ 108 millions de km
Vénus effectue une orbite en environ 224,7 jours, ce qui donne un demi-grand axe d’environ 0,723 UA.
La taille de l’orbite est représentée relativement à l’orbite terrestre de 1 UA. Le dessin est schématique et ne constitue pas une simulation orbitale complète.
Période orbitale vs période synodique

Pourquoi Jupiter revient-elle à l’opposition tous les 399 jours alors que son orbite dure près de 12 ans ?

La période orbitale mesure une révolution complète autour du Soleil. La période synodique mesure le temps séparant deux configurations identiques vues depuis la Terre — par exemple, entre deux oppositions successives de Jupiter.

Comme la Terre se déplace elle aussi, il n’est pas nécessaire d’attendre une année jovienne complète pour que la Terre rattrape de nouveau Jupiter. Pour une planète externe, la relation est :

1 / S = 1 / PTerre − 1 / Pplanète

Pour Jupiter, cela donne une période synodique d’environ 399 jours. Pour une planète interne comme Vénus, la relation correspondante utilise la différence entre la fréquence orbitale plus rapide de la planète interne et celle de la Terre.

Kepler l’a décrit. Newton l’a expliqué.

La gravité fournit la physique manquante

Les lois de Kepler étaient empiriques : elles décrivaient le mouvement planétaire avec une précision remarquable sans identifier la force sous-jacente. Des décennies plus tard, Isaac Newton a montré que la même attraction gravitationnelle qui fait tomber les objets sur Terre peut expliquer les orbites planétaires.

Cette connexion a transformé la mécanique céleste. Les mouvements des planètes, des lunes, des comètes et des engins spatiaux pouvaient désormais être compris à partir des mêmes principes physiques.

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